L’inflation n’est pas qu’importée

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L’inflation est un phénomene économique qui a été ressenti étudié depuis des siecles. Depuis Aristote et Ibn Khaldun. Avant meme que la science économique ne soit structurée.
A un moment de choc géostrategique, comme celui qui se déroule actuellement, on se préoccupe surtout de l’inflation importée que l’énergie et la logistique impactent énormement. Au detriment df l’inflation interieure.
Cette derniere est entretenue par des dynamiques diverses. L’offre réduite, la distribution désorganisée par une sur-intermédiation, la spéculation, l’exces de demande interne et externe, en plus de pratiques commerciales déloyales ( monopoles, ententes…) ou tout simplement des anticipations pessimistes. Ces dernieres sont toujours le mecanisme qui complique la situation.
L’inflation est mesurée par des indices synthétiques qui cachent des divergences selon les produits et services ou les zones géographiques. Des produits à prix tariffés ou à prix volatils sont traités par les statisticiens moyennant des correctifs.
L’inflation à taux réduit est normale, souhaitable meme. Par contre quand elle s’emballe elle fausse les calculs et décisions économiques, déprécie la monnaie et érode le pouvoir d’achat des détenteurs de revenus fixes.
Lorsque le taux d’inflation nationale dépasse celui des pays concurrents, la compétitivite nationale s’en trouve amoindrie. A moins que la correction par le taux de change n’intervienne, soit par le marché ou par manipulation de la part des autorités monétaires.
Quand l’inflation se combine avec le chomage élevé cela donne la stagflation que les politiques publiques peinent à juguler.
La politique économique, tant monétaire que budgétaire est actionnée en mix adéquat pour lutter contre l’inflation. En plus, des politiques structurelles sont toujours nécessaires pour en controler le rythme.
L’inflation nominale peut etre différente de l’inflation ressentie. Cette derniere est surtout impactée par les produits et services de premiere nécessité, dont les aliments.
A cet égard, et concernant le Maroc, alors que les prix des légumes et du poisson, dont celui destiné à la consommation populaire ( sardine, anchois…), continuent à flamber dans les marchés marocains, se pose la question de l’exportation excessive de ces produits au détriment de la consommation nationale.
En effet, la récente décision de la Mauritanie d’interdire la réexportation des légumes et fruits dont ceux venant du Maroc, est un clin d’oeil indirectement fait au consommateur marocain. Cette interdiction se traduira t elle par un ralentisement de l’exportation marocaine vers la région sahelienne, qui sera autant d’offre supplémentaire sur les marchés marocains avec l’espoir d’un ralentissement de la flambée des prix? C’est ce qu’espere le consommateur et que n’aime pas la balance des paiements.
Concernant le poisson, denrée devenue trop chere, surtout en periode de Ramadan, coincidant cette année avec la période de protection biologique,
ne doit-on pas déplorer l’augmentation des exportations de farines et huile de poisson, notamment vers l’Europe ( +100% en 10 ans pour la farine, passant selon des statistiques européennes de 29.500 tonnes en 2014 à 59.400 tonnes en 2024, portant la part de marché marocaine en Europe communautaire de 9 à 30% alors,meme que les importations eutopéennes ont chuté) qui constituent en fait un manque à offrir sur les étals et qui pousse les prix à la hausse?
On argumente souvent que le poisson usiné est en grande partie celui de moindre qualité, à cause du transport en vrac et du défaut de réfrigération dans les barques traditionnelles de peche cotiere. Ce qui, meme vrai, constitue en lui meme un probleme majeur.
Des mécanismes du genre peuvent entretenir voire accélérer l’inflation ou diffuser dans les circuits internes une inflation importée.
Pr Ahmed Azirar. Economiste.
Le 12.03.2026

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