Géostratégie : le respect se mérite
Avec le nouvel ordre mondial, que bezucoup qualifient, de la prédation et de la force excessive, les petits pays se font marcher dessus et avec démonstrations exubérantes.
Le Vénézuela, dont l’ex président, aujourd’hui prisonnier, n’a pas su ou pu négocier au delà des idéologies et de son pouvoir dictatorial, se trouve sous tutelle.
L’Iran, dont les velleites se trouvent en porte à faux avec les véritables intérets dominants dans la région du Moyen Orient, se trouve à nouveau sous extreme pression et au bord de la dislocation. Ce n’est ni l’idéologie de son pouvoir, ni sa violence anti émeutes populaires qui justifient la menace existentielle que le pouvoir des Mollahs confronte aujourd’hui. Son acharnement à disposer de la bombe atomique, et partant, la menace des intérets occidentaux dans la région dédouanent aux yeux des Européens la violence qui se déploie.
Il est vrai que l’Iran n’est pas le Venezuela et le traitement des deux dossiers ne sera pas identique et les consequences non plus.
Par ailleurs, l’Iran et le Vénézuela ont beau etre dans la mouvance sino-russe. Ce bloc a des interets bien plus prioritaires pour la sauvegarde desquels un deal semble avoir été conclu avec les Américains et semble etre respecté de part et d’autres. La Russie consolide ses acquis stratégiques en Ukraine et la Chine est laissée gérer à sa guise son dossier taiwanais dans son flanc régional. Du moins pour le moment!
Pendant ce temps de nouveau partage du monde, l’Europe est divisée en interne eu égard au probleme ukrainien et semble meme menacée dans son flanc Nord Ouest au Groenland. Menace qui se présente en fait bien plus comme un pion avancé sur l’échiquier d’une partie qui se joue ailleurs, qu’une véritable décision de colonisation américaine par la force. Toujours est-il que l’Europe reste une partie qui tient toujours en mains d’importants atouts géostratégiques.
Le « Grand Sud » reste pour sa part un acteur faible malgré sa forte démographie, ses territoires étendus et ses ressources incomensurables. Ressources qui pour l’heure sont plus une malédiction qu’un atout de développement et de réelle indépendance. Son talent d’Achille se retrouve dans sa désunion et dans ses forces potentielles éparpillées.
Le nouveau monde de la prédation ne ménage que les forts. Quant aux « faibles », ils ont intéret à comprendre ce qui se passe et à se ranger du coté qui garantit le mieux leur existence, en faisant valoir leurs alliances et atouts en « power et soft power ». Clairement et sans ambiguité.
Le Conseil d’Association Maroc- Union Européenne vient de certifier l’alignement de la position européenne concernant les provinces sahariennes du Maroc sur celle du Conseil de Séurité des Nations Unies. Le plan d’autonomie sous souveraineté du Maroc, proposé depuis 2007, est la seule voie sérieuse et faisable pour clore définitivement le dossier que continue d’entretenir l’Algérie, pour ses propres besoins internes, et ce, contre la majorité des pays de la planete.
Il est sur que le Maroc dispose d’une claire vision « comment l’autonomie dans le cadre de la souveraineté nationale se déclinera ».
Ainsi, la décision européenne est un évenement majeur. Elle constitue une clarification essentielle du paysage du partenariat stratégique qu’entretiennent les deux parties et met fin aux tergiversations politico-juridiques qui n’avaient d’ailleurs aucune raison d’exister, n’étaient des manoeuvres politiciennes de certaines parties extremistes européennes.
La décision coincide avec la tenue durant la meme semaine à Rabat d’un important forum parlementaire marocco-francais. Important, parce que la France a été, apres les USA et l’Espagne, une des puissances qui ont permis au dossier sahraoui marocain d’aborder sa derniere ligne droite de cloture.
La decision fait suute aussi à l’entrée de SM le Roi Mohamed VI dans le Conseil de la paix et la sécurité que le président américain a créé pour faire bouger les lignes dans différents dossiers mondiaux brulants.
De fait, le Royaume récolte les fruits de sa politique extérieure claire, sa fermeté sur ses droits inaliénables, et l’exploitation d’atouts intrinseques. Libéral, adepte du modele démocratique, clair dans ses engagements politiques internationaux en faveur de la paix, de l’integrité territoriale des pays, de l’ouverture et de la coopération économique gagnant- gagnant, le Royaume s’est arrogé une place dans le concert des nations respectables. Allié stratégique de l’OTAN, il n’en entretient pas moins des relations d’intéret avec les autres grandes puissances, tout en faisant de son crédo sud-sud un trait distinctif de sa coopération internationale.
Le Maroc fait, en outre, de sa force et sa stabilité intérieures ses atouts majeurs pour mériter le respect international. Les réformes sociales et économiques structurantes qu’il réussit vont dans ce sens.
Il est attendu que les prochaines élections fassent émerger une élite politique et managériale consciente des enjeux du monde nouveau et capable de consolider les acquis internes, régionaux et mondiaux d’un Maroc territorialement plus équilibré, qui n’hésite plus à faire valoir les signes de sa puissance.
Pr Ahmed Azirar.
Economiste.
30.01.2025
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