La concurrence constitue le moteur de l’économie et le garant de la meilleure allocation possible des ressources. Quand elle peut etre pure et parfaite, elle constitue l’idéal. Mais comme tout idéal elle est sujette à des conditions difficilement réalisables, toutes, en meme trmps, et au meme endroit. Pourtant, pour des considérations pédagogiques simplificatrices, les modeles de base de la science économique ont en fait leur hypothese fondamentale.
Ils sont, pourtant, rares les secteurs dans lesquels les marchés fonctionnent en totale concurrence. Seuls subsistent des marchés traditionnels isolés, de subsistance, ou réglementés qui fonctionnent encore en concurrence, ou la loi de l’offre et de la demande et la transparence sont de mise. Les souks hebdomadaires marocains et surtout les marchés de poissons à la criée constituent des survivants. Et encore avec des biais.
Les oligopoles, réels ou de fait, sont les cas les plus dommageables aux intérets tant de l’économie dans sa globalité, qu’aux consommateurs en particulier. Ils ne peuvent etre tolérables que si les suprofits réalisés sont ponctionnés par l’impot, et leur utilisation dirigée vers l’investissement ou le social utile.
Encore que les oligopoles exploitant des rentes sont une plaque d’interdiction face aux IDE. Ce qui prive l’économie nationale de sources de technologie, d’emplois et de promotion dans les classements mondiaux.
A l’échelle mondiale, la concurrence comme son pendant le libre-échange sont sujets à des ballotages au gré des conjonctures. Ils sont loués quand ils sont favorables. Vilipendés et combattus en cas inverse. La mondialisation heureuse qui était la voie pour fragmenter les chaines de valeurs et dispatcher la production entre centres éparpillés, et assurer la concurrence et le bien etre généralisé, a vite été remise en cause par de multiples moyens. Des entraves non tarifaires, des droits de douanes exorbitants, des taux de change manipulés, des normes exagérément protectionnistes, des accords à avantages mutuels exclusifs implicites…etc.
L’Union Européenne face à la déferlante chinoise parait démunie. Elle ne peut plus résister que par « le rapport de force » qu’elle veut tenter. Seule Berlin reste lucide, car ce sera le pot de terre contre le pot de fer. Beaucoup d’indicateurs penchent en faveur de la Chine. L’UE, coincée entre les attaques trumpiennes, et l’avantage concurrentiel abyssal de la Chine, ne peut que composer. Pour le moment. Le temps que la tempete trumpienne se calme. Ou que l’UE oeuvre sérieusement à construire un axe nord-sud de repli. Elle y travaille, mais sans ordre et par a-coups non coordonnés et sur lesquels les déchirements intérieurs ralentissent la marche. Des accords avec le Mercosur, l’Inde, les Emirats…vont dans ce sens. La démarche manque de vision, de volonté et de tavail communs.
Quant à la force pure et dure que déploie l’Amerique, en voie d’etre distancée elle aussi sur le terrain de la concurrence, elle semble peiner face à une puissance regionale moyenne, face a laquelle elle mobilise pourtant 80% de ses forces! Situation, qui fait plaisir à la Chine qui observe et ricane. Meme si elle sait, et le monde occidental avec, que les USA ne peuvent et ne doivent perdre leur guerre actuelle, ni leur défi de super-puissance. Le monde a besoin de contre pouvoir. Un duopole vaut mieux qu’un monopole! Dommage que le combat américain actuel soit parasité par des actes et propos génocidaires, que le monde libre laisse, par son silence, perdurer.
Pr Ahmed Azirar.
Economiste.
03 mai 2026.
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