Vous avez dit malédiction pétroliere?
A cause du pétrole, Mossadegh, le premier ministre du Shah iranien a été écarté et mort en 1953. Le Roi Faycal a été assassiné en 1975 pour avoir décrété la guerre du pétrole. Le Soudan est divisé, son pétrole donné au sud, et laissé en patures entre des intérets subrégionaux.
L’Iran ne compte plus les attaques contre son territoire et dirigeants, lui qui oeuvrait loin par groupes armés interposés. Il semble faire le dos rond en attendant la foudre annoncée. Les Ayattollahs gerent leur souci urgent, le tumulte social interne grandissant.
Kaddafi, trucidé malgré l’argent distribué ici et là, a laissé la Libye déboussolée, en scission qui ne dit pas son nom, avec la manne petroliere gardée dans la partie Est du pays.
Saddam, que la guerre contre l’Iran n’a pas chassé, est tombé dans le piege koweitien et executé le jour de Aid Al Adha.
Maduro est capturé comme un malfrat, lui l’ex chauffeur de bus qui a réussi à s’asseoir sur la plus grande réserve mondiale d’or noir… de la malédiction. Il a beau crié qu’il voulait tout céder à Trump, rien n’a servi. Le jeu stratégique dépasse son pays et son pétrole.
La question n’est plus que les énergies fossiles soient menacées ou pas. Elles ont du temps devant.
C’est plutot l’ordre mondial de la seconde guerre mondiale qui est bel et bien enterré.
Se construit sur ses décombres un nouvel » ordre » basé sur la force extreme guidée par une renaissance de l’impérialisme et une nouvelle division du monde.
Un Caracas deal dira-t-on remplace Yalta. Observons! Les USA et la Chine n’ont pas franchement condamné l’invasion russe de l’Ukraine. Ils l’ont de fait approuvée. Pour la meme raison. Trump veut extraire la Russie du flanc chinois et la Chine ne veut surtout pas pousser la Russie sous l’aile américaine. Idem pour l’invasion du Venezuela et de la capture de son ex président.
Quant à Gaza, l’entente était parfaite. Ni l’Europe, spectatrice engagée, ni la Chine, ni naturellement la Russie n’ont concretement réagi. Autant pour Gaza que pour Maduro.
Le deal factuel d’intérets américano -sino-russe se précise. Les USA appliqueront sans heurts leur « Donroe » ( Monroe actualisée). L’hémisphere sud est remis sous leur coupe y compris le Brésil et le Mexique dont la réaction est attendue. L’Afrique Atlantique est incluse dans le plan Hemisphere sud. Quant à la Chine, elle continuera pour le moment à travailler pour récupérer « son » Taiwan et la Russie aura son hinterland en Ukraine. L’Europe vieillissante et mal gouvernée, est « out » et les pays du Sud aussi.
Ce n’est donc pas le lourd pétrole vénézuelien, meme abondant, qui a fait agir Trump en priorité. Quoi que! C’est la définition de la sphere d’influence américaine élargie qui est en marche. Avec bien entendu, la Chine en cible stratégique. Chine, qui n’en est pas moins consciente. Sa « silk method » d’action à la Sun Tzu est différente. Elle laisse faire tout en oeuvrant méthodiquement à reconstruire son standing d’empire millénaire qu’elle était.
Cela étant dit, le mouvement tectonique accéléré par Trump ne s’arretera certainement pas : Iran, Panama, Colombie, Groenland ( sous Otan!)… Mais en tectonique, un mouvement en cause toujours d’autres qui peuvent etre plus violents, incontrolables et destructeurs.
Universitaires, la géopolitique classique est morte. La nouvelle est à imaginer. L’intelligence artificielle , pardon, humaine, comme facteur décisif.
Pr Ahmed Azirar. Economiste.
06.01.2026
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