Un Covid 19 bis en marche, qui nécessite une mobilisation générale !

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Le Conseil de Bank Al-Maghrib tiendra sa première réunion trimestrielle de l’année le 17 mars 2026. Cette échéance est particulièrement attendue pour connaître l’orientation que pourrait prendre la Banque centrale concernant le taux directeur, dans un contexte international marqué par la guerre en cours au Moyen Orient.
Eclairage du Pr Ahmed Azirar.
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Q.Selon vous, le conflit actuel au Proche-Orient pourrait-il raviver des pressions inflationnistes au Maroc, notamment à travers les prix de l’énergie ou des matières premières ?

R.C’est meme certain.
On se rappelle qu’en décembre 2025, Bank Al-Maghrib avait maintenu son taux directeur à 2,25 %, un niveau inchangé après la baisse décidée en mars 2025. Cette décision, visait à soutenir la croissance (prévue à pres de 5% en 2026) tout en stabilisant l’inflation à un niveau bas (1,8% en 2026).
On s’attendait juste avant l’actuelle guerre au moyen orient que BAM devrait vraisemblablement maintenir inchangé ce taux du moins au premier semestre de 2026. 
Maintenant tout a brusquement changé. Le choc est si important aggravé par une grande incertitude sur l’issue du conflit et de la gravité de ses conséquences.
Pour le Maroc l’année 2026 se présentait sous son meilleur profil: croissance forte attendue, budget alimenté par des recettes fiscales en hausse continue, TVA en tete, un matelas de devises suffisant avec toujours une ligne de précaution FMI possible, des rentrées de touristes record…
Or, des l’éclatement de la crise au MO, la Bourse de Casablanca a réagi de suite avec un dévissement qui a annulé les profits du semestre antérieur. Cela prouve la forte sensibilite du monde des affaires à cette conjoncture mondiale maussade.
Les effets immédiats et apparents concernent l’approvisionnent en hydracarbures et à quel prix? On craint une forte flambée avec un déreglement au niveau des circuits etant donné les dangers du passage au détroit d’Ormuz et l’arret de production dans bcp de sites au Qatar, Emirats, Arabie saoudite notamment.
D’autres effets impacteront le commerce tant intérieur qu’extérieur vu les perturbations des chaines logistiques notamment et par l’inflation forte qui s’ensuivra.
De fortes perturbations financieres seront possibles: valeurs des devises, IDE notamment moyen orientaux, liquidités enserrées, taux d’interet en hausse.
Un Covid 19 bis est en déroulement. Combien il va durer? Personne ne sait en ce moment d’extension du conflit.
Bref, l’inflation va reprendre à un rythme qui risque d’etre élevé via l’energie, les matieres premieres, les aliments, les intrants industriels, les sevices les plus divers ( logistique, assurances…). Ce qui impactera la croissance et l’emploi.
L’économie de guerre va concerner bcp de pays y compris la Chine fournisseur mondial. Un 1973 en puissance!

Q. Dans quelle mesure cette situation géopolitique pourrait-elle influencer la décision de Bank Al-Maghrib lors de sa prochaine réunion de politique monétaire ?

R. Forcément, cela va influencer la décision de BAM. Le débat va etre autour de la question du genre: « doit- on de suite réagir avec le risque de lester une croissance qui est en embellie, ou doit on tempérer pour voir.
Je penche personnellement pour le second choix. L’inflation sera de toute facon importée avant qu’elle se nationalise. Et puis il y a un temps d’action du Taux directeur marocain. Par contre, la politique budgétaire doit agir proactivement.

Q. Quel est votre scénario le plus probable pour cette réunion : maintien du taux directeur au niveau actuel ou relèvement ?

R. Je suis pour un maintien du TD à son niveau actuel avec la fixation d’ores et dejà, d’un rdv pour réunir le Conseil dans le mois qui suit.
Comme je l’ai déja dit, la politique économique urge, coté budgétaire. Tous les leviers doivent etre actionnés de suite tant coté recettes, que dépenses et dette. Quitte à reprogrammer des projets. La diversification des approvisionnrments énergétiques s’impose aussi, avec l’accélération des infrastructures et équipements énérgétiques du port de Nador West. Au niveau financier, l’action doit également apporter son lot de soutien à la croissance, telles des conditions bancaires facilitatrices notamment.
Et bien entendu, la mobilisation doit etre décrétée à tous les niveaux pour exploiter les opportunités que cette économie de guerre ne manquera pas d’offrir (logistique, exportation, tourisme…).

Pr Ahmed Azirar
Economiste. Expert en Intelligence des marchés.
https://ahmedazirar.com

Interview le 360.
Par Lahcen Oudoud

Le 05.03.2026

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