Maroc - Europe : diplomatie sereine et/ou hache de guerre!
Par Pr Ahmed Azirar/ Economiste.
Les titres a la une de deux revues hebdomadaires ont attiré mon attention. Ils mettent en exergue le nouveau soubresaut que l’Europe a récemment imposé au commerce bilatéral marocco-européen. En retenant les deux images (ci dessous) , et en les plaçant de la sorte, on voudrait, pour notre part, dire avec clarté que l’on continuera à croire en la supériorité de la diplomatie sereine sur la guerre commerciale. A condition que les deux parties y croient!
L’Europe, premiere puissance commerciale mondiale, est fortement et directement challengée par son « allié » américain, et indirectement par la non moins puissante Chine populaire.
Les USA ont imposé des droits de douane élevés aux produits européens dont l’automobile et les vins, et les chinois préparent une déferlante de produits sur le marché européen pour amortir l’attaque protectionniste américaine qui les cible tout azimut.
Prise dans ce tourbillon, l’Europe se mêle les pinceaux! Pour elle son Rapport Draghi ne fait pas la différence entre ses partenaires. Dans le meme panier elle met autant ses puissants mastodontes agresseurs, que ses partenaires loyaux comme le Maroc. C’est comme si pour tenter d’amortir à son tour la foudre qu’elle reçoit, l’UE décide d’en transmettre une partie au Maroc.
La question de la sur taxation des jantes marocaines n’est pas simplement un différend commercial, elle fait suite à une série de mesures agressives, de divers ordres, juridiques, techniques, humains et tarifaires, qui ciblent le fonds du modele de développement marocain. L’éditorialiste de Tel Quel a raison de mettre en avant cette réalité que les décideurs européens semblent ignorer.
Le « Niet à la Chine » que l’Europe veut dicter au Maroc est une ingérence inacceptable dans les affaires du Royaume. L’Europe a elle meme sous l’ere de la mondialisation « heureuse » sous traité toute son industrie à l’Usine du monde. C’est elle aussi qui a attiré des investisseurs, de toutes nationalités, japon, Corée, Chine, Usa…, meme en logistique portuaire, heureuse de montrer son attractivité et exporter à tout bout de champs. A cette ere, désormais révolue, le Maroc du Roi Mohamed VI n’a pas cessé de demander de co construire l’axe nord-sud, plus proche et plus avantageux à long terme. On a laissé le partenariat Euromed faire pshtt! Heureusement que le Maroc a pérsévéré seul dans la direction sud, et nourrit toujours l’espoir que l’Europe se ravise.
Concernant le différend commercial artificiel, les arguments invoqués pour attaquer les produits marocains sont infondés. Comme le juridisme creux contre les produits de pêche du sud marocain, et le soi disant dumping et autres subventions sont irréels. L’appel interjeté par le Maroc démêlera le vrai du faux.
Il revient aux premiers partenaires du Maroc en Europe (France, Espagne et Allemagne notamment) d’amener l’UE à redresser le tir.
Le Roi Mohamed VI avait clairement appelé ses partenaires à se soustraire de la logique du double jeu à son encontre. S’y soustraire concerne d’ailleurs autant l’intégrité territoriale du Royaume, que sa souveraineté économique et la liberté de ses choix y compris son modele de développement et ses partenaires.
Le Maroc croit fermement en l’impossibilité de renier son histoire commune avec l’Europe, ni changer sa géographie.
La sagesse voudrait, comme le souligne Maroc Hebdo, que « le vieux continent (… sache qu’il) a beaucoup à gagner avec un voisin marocain fort ».
Entre diplomatie sereine et hache de guerre, le choix du Maroc est sans ambages. Ce n’est ni « et » ni « ou ». Contrairement à ses voisins de l’est dont la marque de fabrique attitrée est « Embrouille toute, pour toujours! », le choix marocain est « Diplomatie toute et respect des engagements».
Casablanca le 30.03.2025.
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