L’innovation au Maroc se bat contre ses obstacles tenaces
L’innovation au Maroc se bat contre ses obstacles tenaces.
La rencontre du CEREM avec une équipe de recherche affiliée au Harvard Growth Lab. Boston, qui était en mission de consulting pour le compte d’une entreprise marocaine, a donné lieu à un échange de fonds sur l’innovation au Maroc, ses atouts et ses faiblesses.
L’echange a couvert certains aspects théoriques et des volets pratiques, surtout que l’indice OMPI, GII 2026, a récemment montré un classement mondial amélioré du Maroc ( 54eme place) avec des avancées dans certains aspects et des faiblesses persistantes (Le Rapport de l’OMPI a été publié sur le site https://ahmedazirar.com).
Concernant la théorie, l’échange a abordé la triple relation innovation/ croissance; Innovation / productivité et innovation/ emploi, lesquelles relations montrent des gaps que le Maroc se doit de combler.
Au plan pratique, divers aspects concernant le Maroc ont été discutés laissant penser que
« Le Maroc aurait atteint les limites d’un modèle fondé essentiellement sur le rattrapage technologique et qu’il doit désormais basculer vers une économie de l’innovation capable de générer davantage de valeur, d’emplois qualifiés et d’opportunités pour les startups. Financements mieux coordonnés, écosystèmes associant grandes entreprises, startups et universités, commande publique rationnalisée, gouvernance nationale de l’innovation… constituent des actions nécessaires et coordonnées pour opérer un changement d’échelle ».
Le débat a précisément porté sur:
– l’écosysteme global de la recherce et de l’innovation avec ses démembrements universitaires et professionnels.
– la « Smile curve » de l’innovation ( chaine de valeur de l’innovation) marocaine et sa non intégration.
– la RD marocaine, sa stratégie 2026-2035, théoriquement convaincante, mais dont l’application reste sujette à des faiblesses tenaces (gouvernance, financement, capital humain…).
– Fonds public de la RD: 0,7% du PIB, faible et essentiellement dépensé en salaires.
– Gouvernance de la stratégie nationale de l’innovation avec son éparpillement entre des acteurs et des responsabilités divers avec des financements menus et éparpillés.
– Problématique de base de l’Education et de la culture du risque.
– Coupure entre la RD et le monde de l’entreprise avec une valorisation réduite de la recherche.
– Faible RD et innovation du secteur privé, avec dominance de l’innovation basique.
– Capital humain et gestion des RH problématique avec une gestion non optimale des Talents « in et out » et de la diaspora et ses exigences.
– Migrations comme transfert de valeurs sud-nord avec concurrence déloyale.
– Entrepreneurship et prise de risque réduits avec fort impact des rentes en freins à la concurrence, au risque et à l’innovation.
– Financement de l’innovation et des start up: frilosité du secteur financier et des investisseurs.
– Bureaucratie et lenteurs générales entravant les IDE et l’investissement local.
– IDE réduits et en majorité sans tranfert de technologies avancées.
– Problématique de la transmission des entreprises familiales.
– Chaine verticale des responsabilités non integrée: Etat central/ Régions/ Secteurs/ Entreprises.
– Universités à dominante d’enseignement, accessoirement de recherche. Recherches en sous traitance pour l’etranger. Statut du chercheur défaillant. Centres de recherches non reliés et sous gouvernances disparates.
– Cas de 2 universités leaders à généraliser (sponsoring d’entreprises championnes). Cas du CNRST sous utilisé.
– Brevets non valorisés localement pour cause de bureaucratie (cas agar agar cité).
– l’Exportation et ses contraintes réduisant l’innovation, dont le change et le financement.
– Problématique générale de l’Information et de la veille tant en administration, qu’en entreprises.
– Retard en matiere de digitalisation des entreprises et d’utilisation de l’IA
– Retard en matiere de digitalisation des entreprises et d’utilisation de l’IA ( avec probleme de la cybersécurité).
La réunion a, tout au long de l’échange, mis en évidence les avancées du Maroc tant dans les secteurs et entreprises leaders ( automobile, aeronautique, electronique…), que dans les régions dynamiques avec la diffusion de l’esprit d’innovation dans les entreprises et les centres de recherche. La mobilisation de l’immatériel étant de plus en plus efficace.
Ahmed Azirar. CEREM.
O5.10.2026
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