Libéralisme et planification stratégique doivent aller de pair
Hassan Aboyuoub, actuel ambassadeur du Maroc en Roumanie, ex ministre, est un expert hors pair en matiere de commerce international. Il aurait pu etre DG de l’OMC dont il a presidé beaucoup d’activités et piloté l’organisation de le Conférence de Marrakech 1994 qui a créé cette organisation.
Cette expertise se dédouble d’une capacité d’analyse macroéconomique et stratégique avérée.
Dans une conférence donnée à l’invitation de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, à Rabat, le 2 avril 2026, il a ouvert des boulevards de débats au sujet du multilatéralisme, de ses perspectives et de la stratégie nationale de gouvernance du commerce exterieur et, plus généralement, de la croissance économique.
Pour lui, la crise du multilatéralisme couve certes de longue date, mais des signes de résilience existent malgré les fortes turbulences actuelles. La preuve, 66 pays résistent et défendent toujours l’OMC, qui doit etre réformée, cela s’entend bien. Entre autres failles, la regle du consensus ne tient pas debout.
Cela etant dit, 70% du commerce mondial continue à se faire normalement malgré les entraves. Ce qui prouve que la défense du droit domine toujours contre le déni, le protectionnisme et la force.
Concernant la ZLECA, elle ne peut avancer si des Etats continuent à rester hors droit et a gérer exclusivement leurs rentes de maniere opaque. Les pays de droit doivent prendre le lead d’une organisation qui ne peut aller loin telle que gérée actuellement.
Concernant le Maroc, pays faible en poids commercial mondial, et à lhistoire multilaterale qui remonte au 16eme siecle, il ne peut que défendre le droit et le multilateralisme qui procure des opportunités de croissance.
Dans la ZLECA le Maroc devrait avec des pays de droit d’Afrique, rares malhrst, prendre les devants dans l’interet de l’Afrique, qui telle qu’elle se présente aujoird’hui, constitue un grave danger pour elle meme et pour le monde. Concernant le Maghreb, il n’a aucune chance de se faire tant que des pays de non droit continuent à en bloquer le fonctionnement normal.
D’ailleurs, le Maroc devrait dans ce sens se retirer de tout ALE signé avec des pays de non droit.
Le Maroc par la force maritime et commerciale qu’il avait historiquement et qu’il doit refonder peut réemerger fortement. Avec l’Europe, l’axe nord-sud doit etre maintenu et développé.
Pour celà le commerce extérieur marocain doit etre stratégiquement gouvernée différemment, ainsi que l’ensemble de la stratégie de croissance qui devrait etre revue du fait que le commerce extérieur est une résultante du tout economique. Les stratégies sectorielles, industrielle, agricole, et de services devraient etre réorientées création de VAN, de compétitivité et de gestion durable des non-échangeables ( eau et énergie notamment).
C’est dire que la planification stratégique, l’éducation et la RST doivent etre sérieusement activées.
Car, il n’y a pas de contradiction entre libéralisme et planification. Bien au contraire! Autrement, un PAS plus grave de conséquences pointe à l’horizon surtout avec le manque de rationalité observé en matiere d’investissement public.
En conclusion, si au plan scientifique, Hassan Abouyoub est fier de se déclarer libéral (pragmatique), doublé d’un néo-keynesianisme à la Harrod-Domar, dont il loue le modele avec engagement, on peut adhérer ou pas à ses hypotheses théoriques, mais on ne peut que saluer sa rigueur méthodologique.
Le monde ne s’est il pas trompé et devrait rectifier le tir à propos de la mondialisation qui n’a pas été heureuse pour tout les pays? N’est-ce pas là le ver qui ronge le fruit depuis au moins Doha Round?
Pr Ahmed Azirar
Economiste.
Le 03.04.2026
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