Les ordres professionnels en question
La mission principale de tous les ordres professionnels est d’assurer la protection du public.
En principe, ils ne sont pas des associations qui protègent les intérêts de leurs membres. Leur rôle et responsabilités sont mis au service des personnes qui reçoivent des soins et services professionnels, dans les différentes sphères d’activités règlementées.
Pour accomplir leur mission, les ordres doivent veiller à l’amélioration continue des professions qu’ils régissent et surveiller leurs activités professiinnrlles
Chaque ordre doit notamment,
contrôler la compétence et l’intégrité de ses membres;
Imposer un code de déontologie;
Surveiller l’exercice des professions;
Réglementer l’exercice des professions;
Veiller au respect des lois et règlements qui régissent la profession;
Gérer le processus disciplinaire;
Déterminer les obligations de formation continue;
Publier des documents d’information à l’intention du public ou de ses membres et un rapport annuel…
C’est dire que les ordres qui fonctionnent correctement ont un interet d’ordre general crucial. Ils beneficient d’une protection meritée vu la sensibilite des métiers exercés. Ils concernent des secteurs clés comme la médecine, la pharmacie, l’architecture, le notariat, les avocats, l’expertise comptable…
Mais la protection n’est pas une rente eternelle. Elle doit etre remise en cause si le metier concerné évolue vers le commerce surtout; si la technologie en change la donne comme c’est le cas avec l’IA et avant tout si les ordres concernés sont défaillants ou tournent surtout vers la defense d’interets corporatistes matériels.
Le débat au Maroc concerne actuellemrnt la pharmacie au sujet de laquelle le Conseil national de la concurrence a publié un avis qui préconise une réforme structurelle pour moderniser la distribution et améliorer l’accès aux médicaments. Ses recommandations principales – contestées par l’Ordre des pharmaciens qui a mobilisé d’autres partenaires- incluent l’ouverture du capital des officines, la dérégulation des horaires, et l’assouplissement du chaînage.
Le débat a quelque temps avant concerné les avocats qui ont tenu le pays en haleine pendant une longue période pour motif de réforme inacceptée de leur statut. La négociation a surtout, parait-il, coincé autour d’intérets matériels importants et fiscaux sous jacents. Le cas similaire s’était posé avant et a été résolu avec les notaires, moins nombreux.
Les experts comptables, se sont signalés aussi dans leur combat contre les comptables agrées; et les médecins dans leurs revendications fiscales et d’exercice dans le privé.
D’autres métiers protégés sont à certains moments montés au créneau pour des raisons tout aussi matérielles.
Cet état de fait, souleve quelques questions:
1.Un ordre qui ne fonctionne pas, étant constamment le lieu de conflits internes entre ses membres, mérite t il la protection?
2. Un ordre dont l’essentiel de son activité est syndicale de defense d’interets matériels corporatistes, qui trasgressent les regles et usages généraux, mérite t il la protrction?
3. Idem pour un ordre non transparent qui ne rend pas compte de ses activités et ses comptes.
4.Un métier quasi commercial a t il a etre protegé dans un pays dans lequel la concurrence et la liberté des prix sont la regle?
5. Un métier que l’IA popularise d’ores et dejà n’est il pas a libéraliser, à charge aux professionnels de monter en gamme? L’humain a toujours le dessus sur ce que l’artificiel ne peut pas résoudre.
6. Le Conseil de la concurrence ne doit-il pas continuer ses efforts pour démanteler effectivement toutes les rentes ?
7. Pourquoi des métiers nobles comme l’enseignement ne sont pas protégés? L’enseignement de base n’est il pas le formateur de tous les autres métiers? Et pourtant, y compris la formation continue, il est libre comme l’air avec toute la pollution nuisible et les risques que cela génere !
Non aux rentes non méritées et non à la liberté sauvage. Une réflexion citoyenne ouverte est requise.
A.A.24.02.2026
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