L’OCP innove financierement

OCP jpg

« OCP a réalisé sa première émission obligataire financement hybride international, une première pour une entreprise africaine. L’opération a été clôturée avec succès, le mercredi 15 avril 2026, avec un montant total de 1,5 milliard de dollars.

L’opération a bénéficié d’une forte demande, avec un livre d’ordres 4.6x couvert et la participation de 176 investisseurs dans 23 pays. L’émission se compose de deux tranches distinctes:

-Une première tranche de 1 milliard de dollars (NC5.25), avec un coupon fixé à 6,74 %.
-Une seconde tranche de 500 millions de dollars (NC10.25), assortie d’un coupon de 7,37 %.
L’opération a attiré 176 investisseurs provenant de 23 pays, générant une sursouscription de 4,6 fois le montant initialement prévu. Les banques BNP Paribas, Citi et JP Morgan ont agi en tant que coordinateurs de la transaction.

Une émission dans l’esprit de l’optimisation de la structure du capital:

Le choix de l’émission hybride permet à OCP d’optimiser la structure de son capital. En d’autres termes, de financer la stratégie de croissance tout en maintenant des ratios de levier aux niveaux Investment Grade, grâce au traitement favorable de l’instrument par les normes comptables et les agences de notation.

Sur le plan comptable, cet instrument est traité comme 100 % fonds propres selon les normes IFRS. Pour les agences de notation Moody’s et S&P, il bénéficie d’un crédit « equity » de 50 %. Les titres ont été notés Ba2 par Moody’s et BB par S&P, tandis que la notation de l’émetteur est confirmée en catégorie Investment Grade (Baa3/BBB-).

Les résultats de cette levée montrent que les fondamentaux positionnent OCP comme un crédit de qualité, perçu par les investisseurs comme une signature robuste et fiable, surtout que les hybrides dans la zone CEEMEA (Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique) restent rares.

Un marché des engrais sous tension géopolitique:

Comme expliqué dans notre précédent article, le lancement de cet emprunt intervient dans un contexte de resserrement du marché mondial des engrais phosphatés, caractérisé par une demande structurellement soutenue et des contraintes croissantes du côté de l’offre. La fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive au conflit en Iran, a perturbé les flux de soufre. Le prix de cet intrant, en provenance du Moyen-Orient, a enregistré une hausse de 35 % en avril 2026 par rapport aux niveaux de la fin février 2026.

Si l’offre subit les impacts de la guerre, la demande reste pour sa part solide, portée par les enjeux de sécurité alimentaire. Elle devrait croître de 3% par an à l’horizon 2030. S’agissant des prix des engrais phosphatés, ils sont orientés à la hausse car le marché tend à être structurellement tiré par l’offre.

Cette dynamique renforce l’avantage des producteurs intégrés, comme OCP. En 2025, OCP a affiché un chiffre d’affaires de 12,2 milliards de dollars (en hausse de 25 % sur un an) et un EBITDA de 4,6 milliards de dollars. Le levier net s’établit à 2,76x l’EBITDA à fin 2025″.
Source: Media24

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *